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Incontinence urinaire : la parole aux adultes

Un éclat de rire, une partie de tennis ou juste une envie pressante et impérieuse peuvent déclencher, chez des adultes, une fuite urinaire plus ou moins importante, non attendue et gênante... Fréquente, la perte involontaire et incontrôlable d'urine est loin de toucher uniquement les enfants ou les personnes âgées.

incontinenceEn fonction de l'origine du problème, des mesures adaptées permettent d'éviter de rester prisonnier d'un handicap qui, à terme, peut mener à s'exclure de la vie sociale ou à se priver d'activités (par exemple sportives) que l'on apprécie.

Mais encore faut-il aborder ce problème avec son médecin généraliste, et oser le faire sans honte ni tabou.

Feu vert : la première mesure est d'adopter des habitudes simples, favorables à un bon fonctionnement de la vessie : ne pas se retenir trop longtemps ou trop souvent ; bien uriner complètement en vidant parfaitement sa vessie.

Les manifestations différentes de l'incontinence

L'incontinence urinaire se présente sous plusieurs types, mais principalement sous forme soit d'incontinence d'effort, soit d'incontinence d'urgence.

La première, l'incontinence d'effort, survient en raison d'une faiblesse des muscles du périnée (le plancher pelvien) et du sphincter urinaire, qui maintiennent la vessie fermée.
Toute augmentation de la pression sur la vessie, comme lors d'un éternuement, d'une toux ou d'un effort physique, peut alors entraîner des fuites en quantité limitée.
Il s'agit de la forme la plus fréquente chez la femme.

L'incontinence d'urgence (instabilité ou hyperactivité vésicale) se produit en raison de contractions anarchiques de la vessie qui entraînent des envies pressantes et incontrôlées, souvent abondantes, y compris la nuit.
Cela se produit parfois quand un obstacle rend difficile l'évacuation normale de l'urine (une hypertrophie bénigne de la prostate par exemple) et que les muscles de la vessie doivent fournir en permanence un effort supplémentaire. Mais cela peut également être lié au stress, au bruit de l'eau qui coule ou... à la simple idée de rentrer chez soi et de pouvoir se soulager à l'aise !

Une incontinence mixte peut associer les deux formes, à des degrés divers.

Feu vert : Lutter contre la constipation (voir article "constipation") par une alimentation appropriée peut réduire la gravité d'une incontinence.

Des femmes et des hommes bien différents

Pour des raisons anatomiques et hormonales, les femmes sont plus touchées par l'incontinence d'effort.

D'abord parce que la grossesse et l'accouchement mettent les muscles du périnée à rude épreuve (d'où l'importance d'une bonne rééducation périnéale après chaque accouchement).
Ces mêmes muscles souffrent lors de la pratique de certains sports comportant de nombreux sauts (volley-ball, aérobic) et surtout lors de la pratique excessive d'exercices de musculation des abdominaux sans verrouillage du périnée.
L'obésité constitue également une charge supplémentaire sur le plancher pelvien et favorise de ce fait les fuites. Idem pour les professions où l'on est beaucoup debout, le port de charges lourdes, ou... le tabac (à cause le la toux qu'il occasionne).
Enfin, après la ménopause et avec l'avancée en âge, les tissus se relâchent ce qui peut favoriser un certain degré de "descente d'organes" qui fragilise la fermeture hermétique de la vessie.

L'anatomie masculine est telle que le plancher pelvien est plus solide, car "fermé en bas". Par contre, la présence de la prostate, qui a tendance à gonfler à partir de la cinquantaine, peut devenir un problème par l'obstacle qu'elle pose sur le trajet de l'urine. La vessie doit aller lutter pour se vider complètement, ce qui peut rendre les muscles de sa paroi hyperactifs (instabilité vésicale responsable de l'incontinence d'urgence).
Si l'on n'intervient pas, on arrive à une atonie complète de la vessie épuisée (incontinence par regorgement). Enfin, en cas de cancer de la prostate, il n'est pas rare que les nerfs du périnée soient abîmés lors de l'intervention chirurgicale, avec pour résultat une incontinence et /ou une impuissance sexuelle.

Les autres causes d'incontinence urinaire, tant chez les hommes que chez les femmes, sont :

  • certaines affections neurologiques (sclérose en plaques, maladie de Parkinson), ou après des lésions à la colonne vertébrale
  • le diabète, également par atteinte des nerfs qui contrôlent la vessie ( neuropathie diabétique) - certains médicaments (par exemple, ceux contre la dépression, l'hypertension ou l'insomnie).
  • le stress ou l'anxiété

Feu vert : Le vélo ou la natation ne présentent aucun risque pour le périnée.

S'entraîner pour être au sec

Incontinence d'effort

Pratiqués par un kinésithérapeute spécialisé, une rééducation musculaire de la zone du périnée, parfois renforcée par une électrostimulation, donne souvent de bons résultats.
Après avis médical, des exercices simples peuvent être pratiqués seul, plusieurs fois par jour : par exemple contracter les muscles du périnée pendant 5-6 secondes, puis les relâcher.
Cet exercice doit être répété une dizaine de fois, 5 à 10 fois par jour.


Note : Les muscles du périnée sont ceux qui permettent d'interrompre le jet pendant qu'on urine.

 

Incontinence d'urgence

Un entraînement vésical peut être pratiqué : il vise par exemple à retenir l'urine au moment d'uriner, à uriner à intervalles réguliers, que l'on prolonge chaque semaine de 15 à 30 minutes, etc. Un encadrement par un professionnel est utile pour mettre en place ce traitement qui vise un meilleur contrôle de la vessie et/ou un allongement du temps entre deux mictions.

En cas de problème de prostate, il est recommandé de ne pas trop tarder à consulter le médecin quand ces problèmes font leur apparition (en général à partir de 50 ans). Si l'on tarde trop, le problème de vessie devient plus difficile à traiter.

Autres traitements

Pour les 2 principaux types d'incontinence, il existe des médicaments. Leurs résultats sont plus limités pour l'incontinence d'effort, y compris en raison de leurs effets secondaires (ils peuvent assécher la bouche et mener à boire davantage). Leur prescription est parfois délicate chez des personnes âgées qui prennent déjà beaucoup d'autres traitements.

Chez les femmes ménopausées, un traitement hormonal à base d'oestrogène peut être proposé.

Des interventions chirurgicales peuvent également être envisagées, par exemple pour remonter une vessie ou pour remplacer un sphincter.

Enfin, il reste toujours le recours à des protections absorbantes, qui sont aujourd'hui discrètes et efficaces, adaptées à l'anatomie des hommes et des femmes.

Feu vert : En présence d'une incontinence, il est conseillé de continuer à boire suffisamment (environ 1,5 litre par jour), mais pas de grandes quantités en une seule fois.

Feu vert : Après un accouchement, une rééducation périnéale est toujours utile. Elle est remboursée par la mutuelle.

Feu orange : On conseille de limiter la consommation de café et de boissons contenant de la caféine (thé ou sodas divers), ainsi que d'alcool.

Photo © Stefan Köber - Fotolia.com

Mise à jour le 14/06/2013

Référence 
Prise en charge de l'incontinence urinaire. Fiche de transparence. www.cbip.be