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Méningite à méningocoque B: faut-il vacciner?

 

meningite-bébéLe Centre fédéral d'expertise des soins de santé (KCE) vient de publier un avis sur l'utilisation du nouveau vaccin contre le méningocoque du groupe B.

Le méningocoque est un des microbes responsable de méningite.

La méningite est une inflammation des méninges (enveloppe) du cerveau.
Les signes sont généralement des maux de tête, des vomissements et de la fièvre. Une raideur de la nuque empêchant la flexion de la tête en avant et une intolérance à la lumière, ainsi que des troubles de la conscience (obnubilation, coma) sont possibles.

Face à ces signes, une hospitalisation d'urgence est nécessaire (appel au n° 112).

Les maux de tête, l'irritabilité, etc. se retrouvent bien sûr dans d'autres maladies comme la grippe.

Les méningites virales sont les plus fréquentes. De nombreux virus peuvent en être responsables. Les oreillons étaient la cause la plus fréquente de méningite avant la vaccination généralisée des bébés contre la rougeole, la rubéole et les oreillons.

Les méningites bactériennes sont moins courantes.
Les bébés sont maintenant protégés par la vaccination contre trois de ces bactéries : l'Haemophilus influenzae de type b, le pneumocoque et le méningocoque de type C.
Parmi les bactéries responsables des méningites, les méningocoques sont les plus dangereux. L'infection à méningocoques peut être invasive (septicémie) et évoluer de manière foudroyante. 

Méningite à méningocoques

La méningite à méningocoques est rare. Dans notre pays, on estime le nombre de cas à moins de 200 par an, dont une majorité sont dues au groupe B. En Belgique, on rencontre aussi les méningocoques de type C.
Lors d'un voyage dans certains pays d'Afrique, on peut rencontrer d'autres types de méningocoques (W, Y par exemple).

La méningite à méningocoques est rare, mais dangereuse, surtout pour les jeunes enfants (moins de 5 ans).
Le méningocoque du groupe B peut causer des maladies très graves, telles que la méningite et la septicémie (infection du sang), surtout chez les nourrissons et les jeunes enfants. Ces maladies sont mortelles dans 5 à 10 % des cas. Dans 10 à 20 % des cas, elles mènent aussi à des complications à long terme, comme une surdité par exemple. Le nombre de décès en Belgique est estimé à ± 5 personnes par an.

En cas de contact avec une personne atteinte de méningite à méningocoque, un traitement de prévention est prescrit chez les contacts à haut risque. C'est le médecin qui détermine la nécessité du traitement et prescrit l'antibiotique recommandé (généralement une dose unique). L'antibioprophylaxie doit être instaurée rapidement après le contact potentiellement contaminant (dans un délai de 24 à 48 heures).

Le nouveau vaccin contre le méningocoque B

Un vaccin contre les infections à méningocoque du groupe B a récemment été développé.

La vaccination contre d'autres groupes de méningocoques est possible depuis longtemps :
- les voyageurs à destination de certains pays d'Afrique sont vaccinés contre les méningocoques A, C, W, Y. Pour plus d'informations, vous pouvez lire sur le site vacc.info "Vaccination contre la méningite à méningocoque A,C,W,Y"
- les jeunes enfants sont vaccinés à l'âge de 15 mois contre le méningocoque C. Pour plus d'informations, vous pouvez lire sur le site vacc.info "Vaccination contre le méningocoque C (nourrisson)".

Étant donné que le vaccin est très récent, on manque de certaines informations essentielles :

  • quelle est la durée de la protection donnée par la vaccination?
  • le vaccin protège-t-il uniquement les personnes vaccinées contre la maladie, ou réduit-il également la transmission de la bactérie par les porteurs sains? Ceux-ci sont des personnes porteuses du méningocoque, mais qui ne développent pas la maladie, et qui peuvent en contaminer d'autres. Un vaccin qui diminue le portage a un impact plus important car il protège également les individus non vaccinés (par immunité de groupe).

Les conclusions des experts mandatés par le KCE sont donc que cette vaccination ne doit pas être actuellement introduite dans le calendrier vaccinal des nourrissons.
Les chercheurs ont établi que le vaccin ne pourrait prévenir qu'un nombre limité de cas et de décès.
Par contre, le vaccin provoque fréquemment des épisodes de fièvre chez les nourrissons, ce qui peut entraîner des inquiétudes, voire des hospitalisations. Enfin, le coût élevé de cette vaccination n'est pas proportionnel aux bénéfices de santé que l'on peut en attendre.

Les adolescents sont les porteurs les plus fréquents de la bactérie; heureusement, la maladie est peu fréquente chez eux. Les vacciner pourrait être une stratégie plus efficace que la vaccination des bébés, si cela permettait effectivement de diminuer la transmission de la bactérie, ce qui, à ce stade, n'est pas prouvé. De plus, cet effet ne serait obtenu qu'après 10 à 20 ans de vaccination.

Dans l'état actuel des connaissances, il n'y a donc pas d'éléments suffisants pour recommander une vaccination généralisée d'un groupe de population.

Les parents qui choisiraient néanmoins de vacciner des jeunes enfants doivent savoir que le risque que l'enfant fasse une fièvre élevée est réel, surtout si le vaccin est administré en même temps que les autres vaccins de routine.

Les conclusions de cette étude du KCE devront vraisemblablement être revues lorsque de nouvelles données seront disponibles, surtout si un effet sur le portage est démontré.

Photo© Photographee.eu - Fotolia.com & © pict rider - Fotolia.com

Mis en ligne le 03/11/2014

Références
Un vaccin quadrivalent contre le méningocoque de groupe B : analyse coût-efficacité. KCE Reports 231